Le Chêne-liège
lundi 24 septembre 2018 . 18h49 .
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Arbres et Arbustes
Le Chêne-liège
Le Chêne-liège (Quercus suber L.), est un arbre à feuilles persistantes du genre Quercus (le chêne), famille des Fagacées (anciennement Cupulifères). Il est exploité pour son écorce qui fournit le liège. Il est parfois appelé le Corcier, le Surier ou Suve. Le nom spécifique suber est le nom du Chêne-liège, ou du liège, en latin. Une forêt de chênes-liège s'appelle une subéraie.

Fichier:Quercus suber.jpg

 

Cet arbre, qui peut vivre 150 à 200 ans, voire 800 ans et atteindre 20 à 25 m de haut (le plus grand ayant atteint 43 m), ne dépasse généralement pas 12 à 15 m.

Les feuilles, petites (de 3 à 5 cm), alternes, coriaces, ovales-oblongues, sont bordées de dents épineuses et cotonneuses sur leur face inférieure, et persistent sur l'arbre pendant deux à trois ans.

 

Les fleurs jaunâtres s'épanouissent vers avril-mai, les fleurs mâles, en chatons, et femelles, minuscules, sont séparées sur le même pied. Les glands oblongs, enveloppés sur la moitié de leur longueur par les cupules, sont réunis par deux sur des pédoncules courts et renflés. L'écorce épaisse, isolante et crevassée peut atteindre 25 cm d'épaisseur.

Distribution

 
Carte de distribution

Selon l'Institut méditerranéen du Liège, la subéraie mondiale totaliserait environ 2 687 000 hectares répartis sur sept pays :

  • Afrique du Nord :
    • Maroc 16,4 %,
    • Algérie 14 %,
    • Tunisie 5,3 %.
  • Europe du Sud :
    • Portugal 32 %,
    • Espagne 27 %,
    • Italie 3,7 %,
    • France 1,6 % : notamment dans le massif des Maures (Var), le massif des Albères (Pyrénées-Orientales), le sud des Landes et en Corse,.

Originaire d'Afrique du Nord, le chêne-liège a été naturalisé dans les régions de climat méditerranéen. On le retrouve au bord de la mer jusqu'à 500 m d'altitude environ. C'est une espèce calcifuge, héliophile et thermophile.

Culture et utilisations

On l'a traditionnellement cultivé dans le sud de l'Europe où il était réputé apprécier les sols les plus pauvres :

« On peut élever des lièges dans différends terrains a force de soins & de culture, mais ils se plaisent singulièrement dans les terres sablonneuses , dans des lieux incultes, & même dans des pays de landes. On a observé que la culture & la bonne qualité du terrain étaient très-contraires à la perfection que doit avoir l'écorce de cet arbre, relativement à l'usage qu'on en fait. La seule façon de multiplier le liège , c'est d'en semer le gland aussitôt qu'il est en maturité. On pourra cependant différer jusqu'au printemps , pourvu que l'on ait eu la précaution indispensable de le conserver dans la terre sèche, ou dans du sable. Comme cet arbre réussit très-difficilement à la transplantation , il sera plus convenable de semer les glands dans des pots ou terrines, dont la terre soit assez ferme pour tenir aux racines, lorsqu'il sera question d'en tirer les jeunes plants »[1]
  • Liège comme matériau aux propriétés particulières (léger, isolant) : le liège produit directement par l'arbre est le « liège mâle », crevassé et de moindre qualité ; on doit l'enlever, c'est l'opération de « démasclage » qui se fait dès que le tronc atteint 70 cm de circonférence. Le nouveau liège qui se forme est le « liège femelle » ou « de reproduction », que l'on lève tous les 9 à 15 ans (selon les régions), quand l'épaisseur voulue est atteinte, environ 3 cm. Le prélèvement de l'écorce s'effectue la première fois lorsque l'arbre atteint l'âge de 25 ans. Le temps de reconstituer une nouvelle assise de liège (tous les 9 à 10 ans), et on le découpe à nouveau, toujours en juillet et août, quand l'arbre est en sève. L'écorce s'exploite sur le tronc et les principales branches, en fonction de la circonférence du chêne-liège. Le liège est un produit de faible densité, bon isolant thermique, acoustique et vibratoire, et résistant à l'eau grâce à la subérine qui imprègne les cellules. Le liège femelle sert traditionnellement à fabriquer des bouchons alors que le liège mâle peut être concassé en granulés et transformé en panneaux d'isolation.
    Au XVIIIe siècle, on en fait des bouchons, et il «  s'emploie pour la pêche, & dans la marine à différents usages: on en couvre les maisons en certains cantons d'Espagne , on choisit pour cela le liège en belles tables, uni, peu noueux, n'étant point crevassé , d'une épaisseur moyenne , léger , mais le moins poreux , & qui se coupe net facilement »[1].
    Il était - au moins depuis le XVIIIe siècle utilisé par les cordonniers pour épaissir les semelles de souliers (« pour les rendre plus secs, & pour relever la taille de ceux qui les portent. »[1]).
    Calciné dans des pots couverts, il produisait une centre légère et très noire utilisée comme pigment dit « Noir d'Espagne »[1].
  • Bois-matériau : C'est un bois dense, très dur qui fait un excellent bois de chauffage et/ou de petite charpente ou menuiserie.
  • Usages médicinaux : Autrefois on considérait que « L'écorce de liège est astringente, propre pour arrêter les hémorragies & le cours de ventre , soit qu'on la prenne à la dose d'un demi gros en substance, ou d'un gros réduit en poudre , soit qu'on la prenne en décoction depuis une demi-once jusqu'à une once dans une pinte d'eau. Le liège brûlé & réduit en cendre impalpable, puis incorporé dans l'huile d'œufs , est un bon remède pour adoucir & réduire les hémorroïdes »[1].

Principaux pays producteurs

  • Quatre pays, le Portugal, l'Espagne, l'Algérie et le Maroc représentent 91 % de la suberaie mondiale, qui couvre au total 2,687 millions d'hectares. Les autres pays producteurs sont la France (Corse, Pyrénées-Orientales, Var, Aquitaine), l'Italie (Sardaigne surtout) et la Tunisie (Kroumirie).
  • La production annuelle mondiale de liège s'élève à 340 000 tonnes, dont 54 % pour le seul Portugal.

Écologie

Les forêts de chênes-liège (montados en portugais) sont importantes pour la préservation de la biodiversité (classement Natura 2000) ; on y trouve des espèces protégées comme le lynx ibérique ou l'aigle impérial. Ces milieux jouent également un rôle dans la régulation du cycle hydrologique, la protection des sols et la séquestration du carbone[2].

Ravageurs et maladies

  • Insectes :
    • Bombyx disparate (Lymantria dispar), insecte défoliateur.
    • Bupreste du chêne (Coroebus bifas-ciatus)
    • Capricorne du chêne (Cerambyx cerdo)
    • Fourmi du liège (Crematogaster scutellaris)
    • Platype (Platypus cylindrus), s'attaque aux troncs démasclés.
    • Tordeuse verte du chêne (Tortrix viridana).
  • Champignons :
    • Maladie du charbon de la mère (Hypoxylon mediterraneum).
    • maladie de l'encre (Phytophthora cinnamomi).
    • Diplodia mutila (attaques sur arbres blessés lors du démasclage).
    • Les armillaires et notamment l'armillaire couleur de miel (Armillaria mellea), champignon basidiomycète parasitant les racines.

Références

  1. ↑ a, b, c, d et e Grand vocabulaire françois : contenant 10. L'explication de chaque mot dans ses diverses acceptions grammaticales, Par Guyot (Joseph Nicolas, M.),Sébastien-Roch-Nicolas Chamfort,Ferdinand Camille Duchemin de la Chesnaye (P 2-6 de la version numérique, Tome 16), Ed, C. Panckoucke, 1768 ; Voir l'article Liège
  2. ↑ Du chêne liège au liège, un système durable [archive], APCOR, Association Portugaise du Liège, 2008.

 

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