Epave Médiévale
vendredi 23 juin 2017 . 14h06 .
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Archéologie Marine
L'épave médiévale de Cavalaire

 
L'épave de Cavalaire repose par 12 mètres de profondeur juste à la sortie du port de Cavalaire (Var). Coulée dans la deuxième moitié du XVe siècle, cette épave ne doit son relatif bon état de conservation qu'à la forte présence de posidonies (herbe sous-marine) jusqu'à ces dernières années. Des aménagements successifs dus à la forte progression du tourisme nautique ont semble-t-il provoqué indirectement un désensablement des posidonies et opéré une mise au jour du navire.

Début de l'étrave
 
Les vestiges de l'épave sont dispersés en trois ensembles : la partie bâbord de l'étrave au talon de quille mesure 15.70 m de long, la section tribord regroupant une portion du flanc de la maîtresse-section jusqu'aux probables oeuvres-mortes, comporte les deux techniques clins et franc-bord et un pan uniquement à clin qui pourrait correspondre aux oeuvres-mortes de l'arrière.
 
Cette épave est excessivement importante car elle associe plusieurs traditions de construction à une période charnière entre les époques médiévales et modernes : construction à carvel et construction à clin associées. Ce type de construction en cours d'étude s'assimilerait beaucoup plus à une construction ponantaise et plus particulièrement biscayenne. À noter que la mixité de la structure ne vient pas seulement de la construction à carvelle dans les oeuvres vives et de la construction à clin dans les oeuvres mortes mais également à une mixité de construction dans les fonds du navire.

Détail de la construction à clin
Le matériel
Le matériel est composé de divers ensembles d'artefacts dont l'échantillonnage est très varié : céramique, artillerie, verrerie, accastillage...
L'armement est important pour l'époque : par moins de huit canons ont été dénombrés, dont cinq ont pu être remontés et confiés à Archéolyse pour traitement. Cet armement comporte également un assez grand ensemble d'armes de jet : flèches, carreaux d'arbalètes, pointes de lances...

Exemple de poulie
Les pièces d'accastillage sont également en bonne place puisqu'une trentaine d'éléments composés de caps de moutons, poulies doubles, simples, à estrope, à gouge, moque, boules de collier de racage ont été remontées qui vont éclairer vraisemblablement sur le type de voilure utilisé. Le fait d'avoir mis au jour un assez grand échantillonnage permet de mettre en lumière certaines connaissances de la vie à bord.
Mais la découverte la plus intéressante pour l'origine du bâtiment est sans nul doute les fragments d'ossements de baleine mis au jour dont plus particulièrement une vertèbre d'un jeune cétacé, sciée et portant de nombreux coups de haches. Sont-ce là les vestiges d'une chasse à la baleine effectuée par les marins du navire ou bien des ossements utilisés comme outils ?
Si l'examen dendrochronologique effectué par le laboratoire du CNRS de Marseille a permis de donner une date de 1479 pour le plancher de cale en pin, en revanche la coque en chêne est encore à l'étude et semblerait légèrement plus ancienne. Par ailleurs le fait qu'il est encore impossible de rattacher ces chênes à un référentiel existant comme ceux de l'Europe du Nord, permet de penser que ce navire est issu de régions soit Atlantiques soit Méditerranéennes.
Si l'on prend en compte les paramètres tels que la conception de la carène, l'artillerie du navire, la présence d'ossements de cétacé, l'origine basque semble très plausible d'autant que la pénétration basque en Méditerranée pour des activités commerciales ou pirates est attestée pendant tout le XVe siècle.
Une dernière campagne de fouilles est envisagée en 1996 afin de déterminer et d'étudier avec exactitude la structure arrière du bâtiment, dont de nombreux éléments sont apparus à la fin de la fouille. Il sera également possible d'analyse les différentes pièces de mâtures aperçues lors des précédents travaux, pièces rarissimes puisqu'elles disparaissent en général les premières lors du naufrage.

Ferrure de l'étambot
en arrière plan de l'étrave
Fouille : Marion Delhaye, CERAMC
Photos : Margo Derain
 

 

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